
Qui êtes-vous quand personne n’a besoin de vous ?

Caroline RAUTUREAU
Sophrologue et Maître Enseignant Reiki · Saint-Germain-de-Prinçay
Quand être utile aux autres prend tellement de place qu’on finit parfois par perdre de vue ses propres envies.
Être celle sur qui l’on peut compter
Vous êtes peut-être celle qui organise, anticipe, trouve une solution quand quelque chose ne va pas. Dans votre famille ou auprès d’un proche, on sait que l’on peut compter sur vous.
Mais que se passe-t-il lorsque cette place devient peu à peu la seule que l’on s’autorise à occuper ?
Et surtout :
Qui êtes-vous lorsque, pour une fois, personne n’a besoin de vous ?
Quand être utile prend toute la place
La difficulté peut apparaître lorsque votre quotidien s’organise tellement autour de ce que vous faites pour les autres que vos propres envies deviennent plus difficiles à identifier.
Vous savez ce dont votre conjoint, vos enfants, vos parents ou vos proches ont besoin. Mais si l’on vous demande :
« Et vous, qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? »
la réponse est parfois moins évidente.
Pourquoi passer le relais peut-il être si difficile ?
On pourrait penser qu’avoir enfin de l’aide procure uniquement du soulagement. Pourtant, passer le relais peut créer un sentiment étrange.
Si quelqu’un d’autre prend en charge ce que vous faisiez jusque-là, vous pouvez être soulagé(e)… tout en vous demandant quelle est désormais votre place.
Lorsque l’on s’est longtemps senti nécessaire, ne plus l’être autant peut laisser un espace que l’on ne sait pas immédiatement comment habiter.
Exister autrement qu’en étant utile
Votre valeur ne se résume pas à votre capacité à aider, organiser ou prendre soin.
Pourtant, lorsque ces rôles occupent beaucoup de place, il peut devenir difficile de distinguer ce que vous faites pour les autres de ce qui compte pour vous.
Qu’est-ce qui vous intéresse même lorsque cela ne sert à personne ?
Qu’aimeriez-vous retrouver davantage dans votre vie ?
Une pratique à expérimenter : retrouver ce qui compte pour vous
La sophrologie peut vous permettre d’explorer cette question à travers vos sensations. Il ne s’agit pas de découvrir en quelques minutes vos « valeurs profondes », mais de laisser émerger ce qui compte pour vous aujourd’hui.
Comment pratiquer ?
Installez-vous confortablement, assis(e), les pieds posés au sol. Fermez les yeux si cela vous convient et prenez quelques respirations tranquilles.
- Laissez de côté, quelques instants, ce que l’on attend de vous. Imaginez que vous n’avez rien à organiser ou à faire pour quelqu’un d’autre.
- Posez-vous intérieurement cette question : « Qu’aimerais-je retrouver davantage dans ma propre vie ? » Laissez venir un mot : liberté, douceur, joie, sérénité, confiance, créativité, partage…
- Choisissez la valeur qui résonne le plus pour vous aujourd’hui. Accueillez simplement ce mot.
- Mettez-vous debout, si cela vous est confortable. Inspirez doucement en levant les bras. Prenez un court instant pour ressentir cette valeur, puis ouvrez les bras en soufflant lentement, comme si vous lui faisiez davantage de place.
- Ramenez vos mains vers votre corps et accueillez vos sensations. Imaginez cette valeur se diffuser doucement en vous au rythme de votre respiration.
Asseyez-vous à nouveau et observez ce qui est présent.
Puis demandez-vous :
« Quelle petite place pourrais-je donner à cette valeur dans ma vie cette semaine ? »
Si le mot liberté est apparu, ce sera peut-être vous accorder une heure sans obligation. Si c’est joie, reprendre une activité que vous aimiez.
La valeur qui apparaît aujourd’hui n’est pas une réponse définitive. D’autres pourront émerger avec le temps.
Redonner une place à ce qui compte pour vous
Identifier ce qui compte pour vous est une première étape. Il s’agit ensuite de lui redonner progressivement une place dans votre quotidien.
Pas besoin de tout bouleverser.
Reprendre une activité abandonnée. Accepter une invitation. Vous accorder un moment sans objectif. Laisser quelqu’un d’autre faire, même différemment de vous.
Observez ce que cela provoque : du plaisir, du soulagement, mais peut-être aussi de la culpabilité ou cette impression de « ne servir à rien ».
Ne rien avoir à faire pour quelqu’un ne signifie pas ne plus avoir de valeur.
Quand ce changement devient difficile à vivre
Certaines transitions peuvent bousculer les repères, particulièrement lorsqu’un rôle occupé pendant plusieurs années disparaît ou diminue.
Si cette période s’accompagne d’une tristesse persistante, d’une perte importante d’intérêt, d’une anxiété marquée ou d’un mal-être qui s’installe, il est important d’en parler à un professionnel de santé.
Pour aller plus loin : retrouver votre propre place
Dans mes accompagnements, nous pouvons travailler sur ces périodes où quelque chose change et où il devient nécessaire de retrouver de nouveaux repères.
La sophrologie peut vous aider à revenir à vos sensations, à identifier ce qui vous fait du bien et à retrouver progressivement confiance dans vos ressentis. Selon vos besoins, la cohérence cardiaque ou le Reiki peuvent également être proposés.
L’objectif n’est pas de devenir moins présent(e) pour les autres, mais de retrouver un équilibre dans lequel vous avez, vous aussi, une place.
En conclusion
Être utile peut apporter du sens, du lien et le sentiment de compter.
Mais votre place ne se résume pas à ce que vous faites pour les autres.
Derrière vos responsabilités restent vos envies, vos goûts et ce qui compte pour vous.
Alors commencez simplement par cette question :
« Qu’est-ce qui compte pour moi, même lorsque cela ne sert à personne ? »
La réponse n’a pas besoin d’être spectaculaire.
Elle parle simplement de vous.
Écoutez votre corps. C’est votre meilleur allié.



